La tour de contrôle pyramidale de l'aéroport d'Épinal-Mirecourt, à Juvaincourt, au-dessus d'un talus herbeux
La tour de contrôle de l'aéroport d'Épinal-Mirecourt, à Juvaincourt (photo de 2008). Photo : Kenyh / Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0 · image recadrée

Contre-enquête · Juvaincourt · Mirecourt

Aéroport d'Épinal-Mirecourt : 155 passagers, 1,7 M€ par an… et un « péril » très relatif

« L'existence mise en péril », titre Vosges Matin. Les documents publics racontent une autre histoire : un déclassement limité aux vols hors Schengen, des « déficits » qui n'en sont pas, et une facture publique qu'aucun document ne détaille.

Sur le plateau de Juvaincourt, entre Mirecourt et Vittel, s'étire une piste de 2 940 mètres, taillée pour les gros porteurs. En 2025, elle a vu passer 155 passagers commerciaux. Le reste du trafic ? L'aéroclub, des équipages en entraînement et les avions de la Sécurité civile, qui y disposent d'un pélicandrome.

155 passagers. Pas même un par jour. Samedi 17 octobre, Vosges Matin sonne pourtant l'alarme : l'État envisagerait de « déclasser » l'aéroport, une éventualité qui « met en péril l'existence » de la plateforme. Nous avons ouvert les documents publics.

Un « péril » qui ne vise que les vols hors Schengen

Ce que l'État réexamine, c'est le statut de point de passage frontalier (PPF) de l'aéroport : le droit d'accueillir des vols arrivant directement de l'extérieur de l'espace Schengen, Royaume-Uni compris. Vosges Matin l'explique d'ailleurs correctement.

Le ministère de l'Intérieur l'a écrit au Journal officiel le 22 septembre : cette révision « ne concerne que » ces vols-là et ne remet « nullement en cause » les liaisons intra-Schengen. Aéroclub, entraînement des compagnies européennes, Sécurité civile : rien de tout cela n'est visé.

Combien de voyageurs seraient touchés ? En 2025, 63 au maximum : c'est le nombre de passagers « internationaux », vols Schengen compris. La part réellement hors Schengen n'est publiée nulle part.

Et pour l'heure, Épinal-Mirecourt figure toujours sur la liste européenne des points de passage frontaliers, mise à jour le 16 juillet 2026. Aucune donnée publique ne relie la survie de la plateforme à ce statut.

M. Peduzzi, où sont les 400 emplois de Belfort ?

« Avoir le point de passage frontalier peut être déterminant pour de futurs investissements. »
Dominique Peduzzi, vice-président du conseil départemental — Vosges Matin, 17/10

Pour l'illustrer, l'élu cite Belfort, où un projet industriel de 400 emplois aurait été perdu faute de PPF, selon Vosges Matin. Nous avons cherché : nous n'avons trouvé aucune source qui le confirme. Quelle entreprise ? Quelle année ?

Mme Babouhot, combien d'easyJet arrivent de Londres ?

Pour la maire de Mirecourt, Nathalie Babouhot, sans PPF, adieu les vols d'entraînement d'easyJet, compagnie basée au Royaume-Uni. Mais le groupe vole aussi sous certificat autrichien (easyJet Europe, depuis 2017) et suisse. Seuls les avions arrivant directement du Royaume-Uni seraient concernés. Combien sont-ils ? L'article ne le dit pas.

À son crédit, l'élue a raison sur un point : Nancy-Essey a bien perdu son poste-frontière en 2011.

Des « déficits »… qui n'en sont pas

Vosges Matin écrit que l'exploitant, la SEAEM, a connu un déficit de 163 000 € en 2023 et de 74 000 € en 2024. Les comptes déposés disent autre chose : une perte de 118 143 € en 2023, puis un bénéfice de 87 417 € en 2024.

Les montants publiés correspondent, à un millier d'euros près, aux capitaux propres négatifs de la société (−162 000 € et −74 100 €). Le résultat d'une année d'un côté, le patrimoine accumulé de l'autre. Une confusion comptable très probable, pas une invention.

Le journal voit juste sur 2025 : environ +200 000 € (201 011 € exactement). Le chiffre d'affaires, lui, dépasse le plafond de « 1,3 M€ » cité : 1,45 M€ en 2025.

M. Vannson, combien coûte vraiment l'aéroport ?

« C'est un fusil à un coup. »
François Vannson, président du conseil départemental des Vosges — Vosges Matin, 17/10

Le président du Département refuse une fermeture qu'il juge définitive. Selon Vosges Matin, la collectivité verse 1,4 M€ par an pour maintenir l'aéroport, plus les fluides et une partie de l'entretien.

Le marché public d'exploitation, attribué à la SEAEM fin 2023, affiche pourtant un forfait de 1 747 504 € par an, sur six ans. Une seule offre avait été déposée. Hors taxes ou TTC ? Autre ligne budgétaire ? Avenant ? Cet écart, nous n'avons pas pu l'expliquer. Aucune délibération publique ne permet de trancher.

Rapporté aux 155 passagers de 2025, ce forfait représente environ 11 274 € par passager. Un calcul qui grossit le coût du transport de voyageurs : le même forfait finance aussi l'aéroclub, l'entraînement des compagnies et le pélicandrome de la Sécurité civile. Mais il pose la question que l'article n'aborde pas : combien coûte l'aéroport, et à qui sert-il ?

La suite se prépare déjà : une consultation pour un exploitant à partir de 2027, pour un an seulement, et une mission de conseil de 42 630 € pour une « future délégation de service public ».

Contre-enquête

Ce que Vosges Matin ne vous dit pas

Six minutes de lecture, trois élus, une alerte. Et des chiffres financiers publiés sans source précisée.

  • Un titre plus alarmant que le texte. L'article explique que seuls les vols hors Schengen sont visés, mais ne chiffre pas ce trafic. La réponse du ministère, publiée au Journal officiel le 22 septembre, n'est pas citée.
  • Des « déficits » qui sont des capitaux propres. 163 000 € et 74 000 € : les comptes déposés donnent −118 143 € puis +87 417 €. L'année 2024 était bénéficiaire.
  • Des approximations en série. « À peine 300 » passagers en 2025 : il y en a eu 155. « 50 % » des mouvements pour l'aéroclub : 42,8 % avec les propres chiffres de l'article. Un aéroport « créé en 1960 » : la base date de 1953, l'aviation civile de 1967.
  • Trois élus, une seule ligne. Tous s'opposent au déclassement. L'exploitant ne s'exprime pas dans l'article, et le préfet n'apparaît qu'à travers un courrier non publié.
  • La facture, survolée. 1,4 M€ par an sont cités sans source, sans comparaison avec le marché public (1,75 M€ par an) et sans mention de l'offre unique.

Le mot « Enquête » coiffe l'article. Les comptes publics, eux, n'y sont pas cités. Les questions qui manquent, nous les posons ci-dessous.

L'aéroport de Juvaincourt mérite un vrai débat. Il commence par une facture complète, poste par poste. Le détail de nos vérifications, affirmation par affirmation, est juste en dessous.

Vérification

Le décryptage point par point

Chaque affirmation de l'article de Vosges Matin, confrontée aux documents publics : Journal officiel, comptes déposés, marchés publics, statistiques de trafic. Touchez un point pour lire l'analyse complète.

Ce que disent les articles de Vosges Matin

Le 17 octobre, Vosges Matin (Philippe Nicolle, rubrique Enquête) révèle qu'un courrier du préfet des Vosges, reçu en septembre par le président du conseil départemental, annonce que le groupe interministériel de suivi des points de passage aux frontières envisage la « déqualification » de l'aéroport d'Épinal-Mirecourt, rebaptisé « Vosges Aéroport ». Conséquence : plus de vols arrivant directement de hors Schengen, Royaume-Uni compris. Le Département, propriétaire, doit rendre son avis avant le 20 octobre ; il y serait unanimement opposé.

L'article avance une série de chiffres sans en préciser la source : moins de 300 passagers commerciaux en 2025, contre plus de 4 000 en 2015 ; 5 582 mouvements, dont 2 388 pour l'aéroclub ; des déficits de l'exploitant (SEAEM) de 163 000 € en 2023 et 74 000 € en 2024, un exercice 2025 positif d'environ 200 000 € ; un chiffre d'affaires de 1,3 M€ au plus ; 1,4 M€ versés chaque année par le Département. Trois élus s'expriment : François Vannson (« C'est un fusil à un coup »), Dominique Peduzzi (exemple de Belfort et de 400 emplois) et Nathalie Babouhot (Nancy-Essey, easyJet).

Les affirmations vérifiées

À nuancer « Une éventualité qui met en péril l'existence de la structure vosgienne » (chapô et titre de Vosges Matin, 17/10/2026)

Selon la réponse du ministère de l'Intérieur publiée au JO du 22/09/2026, la révision des points de passage frontaliers « ne concerne que » les vols venant de l'extérieur de l'espace Schengen et ne remet « nullement en cause » les liaisons intra-Schengen. L'aéroclub, l'entraînement des compagnies basées dans l'UE ou en Suisse et le pélicandrome de la Sécurité civile ne sont pas visés.

En 2025, 63 passagers « internationaux » au plus étaient concernés (catégorie UAF qui inclut les vols Schengen). Les élus avancent des risques indirects (investisseurs, image), mais aucune donnée publique ne relie la survie de la plateforme au statut de PPF. Le risque de déclassement est réel ; sa portée est grossie par le titre.[1][4][5]

Vérifié Le déclassement empêcherait de recevoir des vols arrivant directement de hors Schengen, Royaume-Uni compris

C'est exact, et c'est le cœur du dispositif décrit par le ministère. Épinal-Mirecourt figure toujours, à ce stade, sur la liste européenne des points de passage frontaliers (n° 34 des frontières aériennes françaises, mise à jour du 16/07/2026).[1][4][2][3]

Non documenté Courrier du préfet reçu en septembre : le groupe interministériel « envisage la déqualification »

Le courrier n'est pas public et nous ne l'avons pas trouvé. Le processus national de réévaluation des PPF est, lui, attesté par la réponse ministérielle du 22/09/2026 : le groupe interministériel propose, le ministre de l'Intérieur décide, préfectures et collectivités donnent un avis.

À noter : en 2017, le Conseil d'État a annulé le retrait du PPF de La Môle–Saint-Tropez pour vice de procédure, faute de décision conjointe des ministres.[1][4][20]

À nuancer « À peine 300 » passagers commerciaux en 2025 (moins de 300 selon la légende photo), contre plus de 4 000 en 2015

155 passagers commerciaux en 2025 (63 internationaux, 92 nationaux), selon l'UAF. « Moins de 300 » est exact ; « à peine 300 » presque double la réalité. Les 4 120 passagers de 2015 sont confirmés par Wikipédia, qui renvoie à l'UAF ; le rapport UAF 2015 n'a pas pu être téléchargé.

Réserve : la page de statistiques de l'UAF renvoie une erreur 404 depuis le 18/10/2026 après-midi ; les chiffres ont été relevés dans sa version indexée et concordent avec Wikipédia pour 2021-2024.[1][5][6][7]

À nuancer 5 582 mouvements en 2025, dont 2 388 pour l'aéroclub, soit « 50 % » des mouvements

5 582 correspond exactement au nombre de mouvements non commerciaux relevé par l'UAF ; le total est de 5 629 avec les 47 mouvements commerciaux. Le chiffre de 2 388 mouvements pour l'aéroclub n'a pas de source publique. Avec les chiffres de l'article lui-même, 2 388 / 5 582 = 42,8 %, et non 50 %.[1][5]

À préciser 20 % des 5 000 mouvements sont des entraînements de compagnies

Le document de présentation de l'exploitant, non daté, parle de « plus d'un tiers du trafic annuel ». Les deux chiffres ne concordent pas, et aucun ne s'appuie sur une série publiée.[1][14]

Faux Déficit de la SEAEM de 163 000 € en 2023 et de 74 000 € en 2024

Les comptes déposés (jeu « ratios_inpi_bce ») donnent un résultat net de −118 143 € en 2023 et de +87 417 € en 2024 : l'année 2024 était bénéficiaire. Les montants cités correspondent aux capitaux propres négatifs de la société (−162 000 € fin 2023, −74 100 € fin 2024).

Il s'agit très probablement d'une confusion entre deux notions comptables, pas d'une invention. L'augmentation de capital publiée en septembre 2026 est cohérente avec une reconstitution des fonds propres, mais ce lien n'est pas documenté.[1][8][10][11]

Vérifié Exercice 2025 positif d'environ 200 000 €

Résultat net 2025 : +201 011 €.[1][8][9]

Vérifié Capital porté de 50 000 € à 100 000 € ; CCI des Vosges actionnaire majoritaire depuis janvier 2025

Modification du capital publiée au BODACC le 03/09/2026 ; capital de 100 000 € au registre national des entreprises, contre 50 000 € dans une annonce légale antérieure. La prise de contrôle par la CCI au 1er janvier 2025 est indiquée par l'exploitant lui-même ; la CCI siège au conseil d'administration depuis 2016.[11][12][13][14][9]

À nuancer Chiffre d'affaires annuel de 1,3 M€ au plus

Chiffre d'affaires de la SEAEM : 379 853 € en 2023, 1 195 942 € en 2024, 1 446 534 € en 2025. L'affirmation n'est exacte que pour 2024.[1][8][9]

À préciser Le Département verse 1,4 M€ par an pendant 3 ans pour maintenir l'aéroport

Le marché 2023X152 « Gestion et exploitation de l'aérodrome d'Épinal-Mirecourt », notifié le 29/12/2023 à la SEAEM, porte sur 10 485 024 € pour 72 mois, soit exactement 6 × 1 747 504 €, montant que l'avis européen qualifie de « prix global et forfaitaire annuel ». Une seule offre a été reçue.

L'écart avec 1,4 M€ n'est pas résolu. Pistes possibles, toutes à vérifier : un montant DECP exprimé TTC (1 747 504 / 1,2 = 1 456 253 € HT, hypothèse car les DECP sont normalement en HT) ; une autre ligne budgétaire (Vosges Matin évoquait en mai 2025 une enveloppe de 1,4 M€ pour des « projets de développement ») ; un avenant. La page « Budget 2026 » du Département n'isole pas l'aérodrome, et aucun rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) consacré à l'aérodrome n'a été trouvé. Les fluides et l'entretien pris en charge en plus ne sont pas chiffrés publiquement.[1][15][16][30][31][32]

À préciser Coût public par passager (calcul de Vosges Soir)

1 747 504 € / 155 passagers commerciaux (2025) ≈ 11 274 € par passager ; avec le chiffre de Vosges Matin, 1 400 000 € / 155 ≈ 9 032 €. Par mouvement (5 629 au total) : environ 310 € ou 249 €.

Réserves importantes : le forfait paie un service d'exploitation complet (aéroclub, entraînement des compagnies, pélicandrome de la Sécurité civile, vols d'État). Le rapporter aux seuls passagers commerciaux exagère le coût du transport de voyageurs. Ces calculs excluent en revanche fluides, entretien et investissements à la charge du Département, non publiés, et ignorent les recettes que la SEAEM tire d'autres clients.[15][16][5][14]

À nuancer Piste de 3 km sur 45 m (Airbus A220, Boeing 747) ; aéroport « créé en 1960 sur une ancienne base OTAN »

La piste mesure 2 940 m sur 45 m ; un A220 y a été accueilli en 2021. En revanche, selon la chronologie de l'exploitant, la base a été construite à partir de 1953, affectée à l'aviation civile le 04/12/1967 et exploitée par la CCI depuis le 01/08/1968. La date de 1960 n'apparaît dans aucune source consultée. L'emprise de 200 hectares n'a pas été documentée.[1][14][23]

Non documenté Belfort : un projet industriel de 400 emplois perdu faute de PPF (Dominique Peduzzi)

Aucune source consultée ne confirme ce projet, ni son lien avec l'absence de poste-frontière. Nom de l'entreprise et date sont demandés à l'élu.[1]

Vérifié Essey-lès-Nancy déclassé en 2011 ; douanes prévenues 24 h à l'avance, sans présence permanente (Nathalie Babouhot)

Le PPF de Nancy-Essey (Tomblaine) a bien été fermé par le ministère de l'Intérieur en 2011. Le mécanisme d'une alerte 24 h à l'avance, sans douaniers à temps plein, est décrit pour les petits PPF supprimés en 2016 ; il n'a pas été vérifié pour Juvaincourt.[1][21][22][19]

À nuancer Sans PPF, plus de vols d'entraînement easyJet, compagnie basée au Royaume-Uni (Nathalie Babouhot)

Le groupe easyJet ne se limite pas à sa filiale britannique : easyJet Europe dispose d'un certificat de transporteur autrichien depuis 2017, easyJet Switzerland d'un certificat suisse. Leurs vols venant de l'UE ou de Suisse ne seraient pas concernés. Seuls les appareils arrivant directement du Royaume-Uni le seraient ; leur nombre n'est pas documenté.[1][29]

Partiellement vérifié 2016 : PPF supprimés dans 13 des 85 aéroports de l'Hexagone (Amiens, Vichy, Montbéliard, Besançon)

Les 13 aérodromes et les quatre noms sont confirmés par Les Echos (28/09/2016) : leurs postes n'avaient déjà plus de douaniers à temps plein. Le total de « 85 » aéroports n'a pas été retrouvé.[1][19]

Vérifié Projets passés : escale vers l'Inde (Super Airport), démantèlement d'avions (Adelor) ; Alcopa à Damblain (16 M€, 50 emplois)

En 2012, Super Airport Infrastructure rachète la part de Keolis (51 %) dans la SEAEM, avec un projet d'escale Inde–France jamais réalisé selon les sources consultées. Adelor, annoncé en 2018 puis en 2021, a été abandonné en février 2024. Alcopa annonce bien 16 M€ d'investissement et « jusqu'à 50 emplois » à Damblain (juillet 2026).[1][23][24][25][26]

Non documenté Opposition unanime du conseil départemental lors de la plénière du 16 octobre ; avis attendu avant le 20 octobre

La séance du 16/10/2026 a bien eu lieu et l'avenir de l'aéroport y a été abordé ; la décision modificative budgétaire n° 2 y a été votée à l'unanimité. Un vote unanime spécifique sur l'aéroport n'a pas été retrouvé, ni la délibération ni l'avis transmis au ministère.[1][27][28]

Contre-arguments sourcés

  • Au crédit de Vosges Matin et des élus : le risque de déclassement est réel. La réévaluation des points de passage frontaliers est engagée au niveau national, et l'histoire récente (Nancy-Essey en 2011, treize aérodromes en 2016) montre que ces retraits arrivent. Perdre ce statut fermerait une porte à d'éventuels vols d'affaires ou charters venant du Royaume-Uni ou d'hors Europe.[4][19][21]

  • L'argument de l'attractivité n'est pas absurde : un investisseur industriel lié à l'aéronautique peut avoir besoin d'accueillir des appareils venant directement de hors Schengen. Il reste à le démontrer avec un projet identifié, ce que l'article ne fait pas.[1]

  • Le coût par passager surestime le coût du transport de voyageurs : la plateforme sert aussi la Sécurité civile (pélicandrome), l'aéroclub et l'entraînement des compagnies, des usages d'intérêt public ou économique que le nombre de passagers ne mesure pas. Et l'exploitant est redevenu bénéficiaire en 2024 et 2025.[14][23][8]

Les questions qui restent ouvertes

  • Quel est le coût public complet et annuel de l'aéroport (forfait, fluides, entretien, investissements) pour 2024-2026 ?
  • D'où vient l'écart entre les 1,4 M€ par an cités et le forfait de 1 747 504 € par an du marché 2023X152 ?
  • Combien de vols et de passagers arrivent réellement de hors Schengen à Juvaincourt chaque année ?
  • Que contient le courrier du préfet, et quel avis le Département a-t-il transmis au ministère ?
  • Combien d'offres la consultation pour 2027 a-t-elle reçues, et quel calendrier pour la future délégation de service public ?
  • L'enveloppe de 1,4 M€ inscrite en 2025 pour des « projets de développement » a-t-elle été engagée, et pour qui ?

En résumé

Le risque soulevé par Vosges Matin est réel : la réévaluation des points de passage frontaliers est en cours. Mais l'article en grossit la portée et se trompe sur plusieurs chiffres clés : le déclassement ne toucherait qu'un trafic hors Schengen de quelques dizaines de passagers au plus en 2025 ; les « déficits » cités sont des capitaux propres négatifs, alors que l'exploitant était bénéficiaire en 2024 et 2025 ; le chiffre d'affaires dépasse le plafond annoncé ; l'engagement de 1,4 M€ par an ne correspond pas au marché public publié.

Ces écarts ressemblent à des erreurs de lecture comptable et à une reprise sans recul du discours des élus. Vosges Soir ne met en cause la bonne foi de personne. La question de fond reste ouverte : combien l'aéroport coûte-t-il chaque année aux contribuables vosgiens, et pour quels usages ?

Sources

  1. L'aéroport d'Épinal - Mirecourt menacé de déclassement de la part de l'État : l'existence de la plateforme vosgienne mise en péril (Philippe Nicolle, rubrique Enquête, 17/10/2026, mis à jour à 08:45) — Vosges Matin · consulté le 18 octobre 2026
  2. Liste des points de passage frontaliers, mise à jour du 16/07/2026 (C/2026/3899), p. 2, FRANCE / Air borders, n° (34) Épinal-Mirecourt — Journal officiel de l'Union européenne · consulté le 18 octobre 2026
  3. Liste des points de passage frontaliers, mise à jour du 16/01/2026 (C/2026/368), FRANCE / Air borders, n° (33) — Journal officiel de l'Union européenne · consulté le 18 octobre 2026
  4. Question écrite n° 12041 et réponse du ministère de l'Intérieur, JO du 22/09/2026, p. 8817 — Assemblée nationale · consulté le 18 octobre 2026
  5. Statistiques de trafic Épinal-Mirecourt 2021-2025 (tableaux Passagers et Mouvements). Page en erreur 404 le 18/10/2026 après-midi : chiffres relevés dans sa version indexée par les moteurs de recherche — Union des aéroports français (UAF) · consulté le 18 octobre 2026
  6. « Aéroport d'Épinal-Mirecourt », section Statistiques (renvoie à l'UAF) — Wikipédia · consulté le 18 octobre 2026
  7. Rapport annuel 2015 (erreur 404 le 18/10/2026, non consulté) — Union des aéroports français (UAF) · consulté le 18 octobre 2026
  8. Jeu de données « ratios_inpi_bce », SIREN 519 450 100 (SEAEM), exercices 2016-2025 : résultat net et chiffre d'affaires — data.economie.gouv.fr (comptes déposés) · consulté le 18 octobre 2026
  9. API Recherche d'entreprises, SIREN 519 450 100 : finances 2025, dirigeants — annuaire-entreprises / DINUM · consulté le 18 octobre 2026
  10. SEAEM, tableau « Finances », ligne « Fonds propres » (agrégateur des comptes déposés) — Pappers · consulté le 18 octobre 2026
  11. Annonce B202601685321, modification du capital de la SEAEM, 03/09/2026 — BODACC · consulté le 18 octobre 2026
  12. Fiche RNE de la SEAEM (capital de 100 000 €, événement du 03/09/2026) — Rubypayeur · consulté le 18 octobre 2026
  13. SEAEM, annonce légale de décembre 2023 (capital de 50 000 €) — societe.com · consulté le 18 octobre 2026
  14. « L'aéroport d'Épinal-Mirecourt », document de présentation (non daté) — SEAEM (exploitant) · consulté le 18 octobre 2026
  15. Données essentielles de la commande publique, jeu « decp-2022-marches-valides », marché 2023X152 « Gestion et exploitation de l'aérodrome d'Épinal-Mirecourt » (10 485 024 €, 72 mois, 1 offre) — data.economie.gouv.fr (DECP) · consulté le 18 octobre 2026
  16. Avis d'attribution TED 2024/S 009-021235 (« prix global et forfaitaire annuel » de 1 747 504 €), repris — openprocurements · consulté le 18 octobre 2026
  17. Avis de marché S26008 (TED 329543-2026) : exploitation à partir du 01/01/2027, un an reconductible une fois — Office des publications de l'UE · consulté le 18 octobre 2026
  18. Mission d'appui et de conseil pour la future délégation de service public (42 630 €, 23/07/2026, 6 offres) — Akkel · consulté le 18 octobre 2026
  19. « 13 aéroports privés de postes frontières », 28/09/2016 — Les Echos · consulté le 18 octobre 2026
  20. Décision n° 405989 du 17/05/2017 (La Môle–Saint-Tropez) — Conseil d'État · consulté le 18 octobre 2026
  21. Aéroport de Nancy-Tomblaine : vers un retour des vols internationaux, 03/10/2024 — L'Est Républicain · consulté le 18 octobre 2026
  22. Question écrite n° 19009, réponse du 25/08/2011 — Sénat · consulté le 18 octobre 2026
  23. « L'aéroport d'Épinal-Mirecourt en quelques dates » — SEAEM (exploitant) · consulté le 18 octobre 2026
  24. Juvaincourt : le Département pose un ultimatum à la société Adelor, 10/01/2024 — Vosges Matin · consulté le 18 octobre 2026
  25. Aéroport Épinal-Mirecourt : changement d'actionnaire (2012), « Destination Inde » — Lorraine.pro · consulté le 18 octobre 2026
  26. Damblain : Alcopa investit 16 M€ et annonce jusqu'à 50 emplois, 29/07/2026 — Vosges Matin · consulté le 18 octobre 2026
  27. Le conseil départemental des Vosges ajuste son budget et réduit son recours à l'emprunt, 18/10/2026 — Remiremont Vallées · consulté le 18 octobre 2026
  28. Journal du vendredi 16 octobre 2026 — Vosges Télévision · consulté le 18 octobre 2026
  29. Austro Control délivre un certificat de transporteur aérien à easyJet Europe (2017) — Austro Control · consulté le 18 octobre 2026
  30. Avec une enveloppe de 1,4 million d'euros, le Département soutient le développement de l'aéroport d'Épinal-Mirecourt, 08/05/2025 — Vosges Matin · consulté le 18 octobre 2026
  31. Budget 2026 (ne détaille pas de ligne propre à l'aérodrome) — Département des Vosges · consulté le 18 octobre 2026
  32. Rapport d'observations définitives sur le Département des Vosges (GER202312, 2023) : l'aéroport n'y est pas abordé. Aucun rapport de la CRC Grand Est consacré à l'aérodrome n'a été trouvé ; l'évaluation des aéroports du Grand Est (GER202521, 2025) exclut Épinal-Mirecourt — Chambre régionale des comptes Grand Est · consulté le 18 octobre 2026

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